La première fois, c’était en automne. Les érables autour de Gyeongbokgung flamboyaient. Alors, j’ai marché sous les toits courbés en pensant à tout ce que ces pierres avaient traversé. La deuxième fois, au printemps, les mêmes arbres portaient des fleurs blanches, et le palais semblait respirer différemment. Deux saisons, un seul lieu. Pourtant, à chaque fois, la même sensation : celle de marcher dans l’histoire vivante de la Corée.

En bref
- Nom coréen : 경복궁 (Gyeongbokgung)
- Signification : « Palais du Bonheur resplendissant »
- Construit en : 1395, sous le roi Taejo
- Statut : le plus grand des cinq palais royaux de Séoul
À propos – l’histoire vraie
Gyeongbokgung est né avec la dynastie Joseon elle-même. Trois ans après avoir fondé son royaume, le roi Taejo y installe le cœur du pouvoir coréen. Le nom du palais n’est pas anodin. Le lettré Jeong Do-jeon le choisit, inspiré d’un vers d’un classique chinois. Il voulait affirmer que cette nouvelle dynastie était bénie par le ciel lui-même.
C’est ici, sous le règne du roi Sejong le Grand, que naît le hangeul. Cet alphabet coréen, des millions de personnes l’utilisent encore aujourd’hui. Cependant, l’histoire de Gyeongbokgung est aussi celle d’une destruction et d’une renaissance. Incendié pendant l’invasion japonaise de 1592, il reste en ruines pendant près de 270 ans. Les rois suivants l’abandonnent, préférant reconstruire ailleurs. Il faut attendre 1867 pour qu’un projet de reconstruction pharaonique lui redonne vie. Porté par le régent Heungseon Daewongun, ce chantier fait s’élever plus de 500 bâtiments sur le site.
Cette renaissance sera de courte durée. En 1895, des agents japonais assassinent l’impératrice Myeongseong, la reine Min. La famille royale ne reviendra jamais vivre au palais. Par ailleurs, pendant l’occupation coloniale japonaise, l’armée détruit à nouveau 90% des bâtiments. Depuis les années 1990, la Corée du Sud mène un long chantier de restauration, encore en cours aujourd’hui.
Ce qu’on y ressent pendant la visite
Le pavillon Gyeonghoeru semble flotter sur son bassin, sans doute l’endroit le plus photographié du palais.
Ce qui frappe en arrivant à Gyeongbokgung, c’est le contraste. La ville moderne de Séoul s’arrête net aux portes du palais, remplacée par des toits de tuiles grises et des cours de pierre silencieuses. Le pavillon Gyeonghoeru semble flotter sur son bassin. Il décroche sans doute le titre de lieu le plus photographié du palais. D’ailleurs, il figure même sur le billet de 10 000 wons. En automne, la lumière dorée sur les érables environnants transforme chaque cour en tableau. Au printemps, ce sont les cerisiers et les tons plus doux qui donnent au même lieu une atmosphère complètement différente.
Les choses à ne pas manquer

La relève de la garde royale
Devant la porte Gwanghwamun, la Sumunjang recrée la cérémonie traditionnelle à heures fixes, un vrai moment de spectacle, gratuit, à ne pas manquer.
Le pavillon Gyeonghoeru
Le pavillon Gyeonghoeru, qui semble flotter sur son bassin, décroche sans doute le titre de lieu le plus photographié du palais, il figure même sur le billet de 10 000 wons.


Le hanbok, ton sésame gratuit
Loue un hanbok avant d’entrer : l’accès au palais devient gratuit pour les visiteurs qui en portent un.
Le Musée national du Palais
Caché dans l’enceinte de Gyeongbokgung, ce musée expose les trésors de la dynastie Joseon. Entrée gratuite avec ton billet de palais.


Le Royal Palace Pass, pour voir plus loin
Le pass à 6 000 wons ouvre les portes de quatre autres palais, dont le jardin secret de Changdeokgung. Réserve ta visite guidée à l’avance.
Pour conclure
Gyeongbokgung n’est pas qu’un décor pour photos Instagram, c’est la mémoire vivante d’un pays qui a été détruit et reconstruit plusieurs fois, et qui continue de se relever. La prochaine fois qu’on se retrouve à Séoul, je t’emmène ailleurs.


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